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Complexe de l'imam al-Boukhari près de Samarcande : visite et tenue

Rénové et agrandi en 2026, le complexe de l'imam al-Boukhari est l'un des lieux les plus sacrés d'Asie centrale. Histoire, visite, tenue et accès depuis Samarcande.

ÉPar Équipe Turquoise Travel8 min de lecture

Complexe de l'imam al-Boukhari près de Samarcande : visite et tenue
Dans cet article

À une demi-heure de route de Samarcande, le complexe de l'imam al-Boukhari est l'un des lieux les plus sacrés d'Asie centrale. Ici repose l'auteur du recueil de hadiths le plus respecté du monde sunnite. Entièrement reconstruit et agrandi, le complexe a rouvert ses portes en mars 2026 : voici son histoire, ce qu'il faut voir et comment s'y rendre dans le respect des lieux.

Le cénotaphe de marbre de l'imam al-Boukhari sous le mausolée, avec des pèlerins à l'arrière-plan

Le complexe de l'imam al-Boukhari en bref

  • Où : village de Khartang (Khodja Ismoil), à environ 25 km au nord de Samarcande.
  • Quoi : le tombeau de Muhammad al-Boukhari (810-870), une grande mosquée, un musée et des jardins.
  • Dimensions : environ 45 hectares, mosquée de 10 000 places, quatre minarets d'environ 75 m.
  • Durée de visite : 1 h 30 à 2 h sur place, environ 40 minutes de route depuis le centre de Samarcande.
  • Tenue : bras et jambes couverts, foulard pour les femmes.
  • Entrée : l'accès au site a longtemps été libre ; les conditions du nouveau complexe (musée notamment) sont à vérifier sur place.

Qui était l'imam al-Boukhari ?

Muhammad ibn Ismaïl al-Boukhari naît en 810 à Boukhara. Orphelin de père très jeune, il est élevé par sa mère et commence dès l'enfance à apprendre par cœur les hadiths, c'est-à-dire les paroles et les actes attribués au prophète Mahomet, transmis de génération en génération. Vers seize ans, il part en pèlerinage à La Mecque et ne revient pas tout de suite : pendant de longues années, il parcourt le Hedjaz, l'Irak, la Syrie, l'Égypte et le Khorassan pour rencontrer les transmetteurs et vérifier leurs chaînes de témoins.

Selon la tradition, il aurait examiné des centaines de milliers de récits pour n'en retenir qu'environ 7 000 (un peu plus de 2 500 sans les répétitions), ceux dont la transmission lui paraissait irréprochable. Le résultat, le Sahih al-Boukhari, est considéré par les musulmans sunnites comme le livre le plus authentique après le Coran. Il est encore étudié aujourd'hui dans toutes les écoles religieuses du monde, de l'Indonésie au Maroc.

Une fin d'exil près de Samarcande

Revenu dans sa ville natale à la fin de sa vie, l'imam entre en conflit avec le gouverneur de Boukhara, qui le pousse à l'exil. Il se réfugie chez des proches à Khartang, un village de la vallée du Zeravchan près de Samarcande. Il y meurt en 870 (256 de l'hégire), la nuit de l'Aïd al-Fitr, et y est enterré.

L'histoire du lieu : du tombeau oublié au grand complexe

Pendant des siècles, la tombe est un modeste lieu de pèlerinage, ombragé par des platanes. Au XVIe siècle, la dynastie chaybanide y fait construire une mosquée et une bibliothèque. À l'époque soviétique, le site est délaissé, la mosquée abandonnée. Une anecdote célèbre raconte qu'en 1961, le président indonésien Soekarno, en visite officielle en URSS, demanda à voir la tombe de l'imam et à ce qu'elle soit restaurée : un petit chantier fut alors mené à la hâte.

Après l'indépendance, le site devient un symbole du renouveau religieux et culturel de l'Ouzbékistan. En 1998, pour le 1 225e anniversaire de la naissance de l'imam (selon le calendrier hégirien), un premier grand complexe est inauguré : mosquée, mausolée à coupole côtelée, musée et bibliothèque.

Le nouveau complexe de 2026

Devenu trop petit face à l'afflux des pèlerins, il a été entièrement repensé à partir de 2025. Le nouveau complexe, inauguré en mars 2026 juste avant l'Aïd al-Fitr, change d'échelle :

  • un site d'environ 45 hectares, conçu pour accueillir jusqu'à 65 000 visiteurs par jour ;
  • une grande mosquée de quelque 10 000 places, dont la cour peut recevoir 35 000 à 40 000 fidèles lors des grandes fêtes ;
  • quatre minarets d'environ 75 mètres et quatorze coupoles bleues ;
  • un aïvan (galerie couverte) de 154 colonnes de bois, dans la tradition ouzbèke ;
  • un musée d'environ 1 300 m² en neuf pavillons, consacré à la vie de l'imam, à la collecte des hadiths et à l'histoire des prophètes ;
  • à côté, un pôle touristique de 15 hectares avec hôtels, maisons d'hôtes familiales et restaurant.

Des artisans venus de toutes les régions du pays ont travaillé aux décors : sculpture sur bois, ganch (stuc sculpté), céramique. Le résultat est monumental et très soigné.

Coupoles turquoise et portail décoré de céramique du complexe de l'imam al-Boukhari

Que voir pendant la visite ?

Le mausolée

Le cœur spirituel du site est le mausolée, un édifice cubique coiffé d'une coupole, avec au centre un cénotaphe en pierre. Attention : ce n'est pas la tombe réelle. L'imam repose dans une crypte voisine. Les pèlerins viennent y réciter des prières à voix basse ; vous verrez souvent un imam lire le Coran pour un groupe de fidèles assis. Restez en retrait, évitez de passer devant les personnes en prière et ne photographiez pas les fidèles de près.

La mosquée et les cours

La grande mosquée est ouverte aux non-musulmans en dehors des heures de prière, dans les limites indiquées par le personnel. Prenez le temps d'observer les plafonds peints, les colonnes sculptées de l'aïvan et l'alignement des bâtiments, tous orientés vers La Mecque.

Le musée

C'est la partie la plus instructive pour un visiteur non spécialiste : manuscrits, éditions anciennes du Sahih, maquettes, panneaux sur les voyages de l'imam. Les textes sont surtout en ouzbek, en arabe, en russe et en anglais : un guide francophone vous aidera à replacer tout cela dans l'histoire de l'islam centrasiatique.

La tenue et le comportement

Le complexe est avant tout un lieu de pèlerinage, souvent plus fréquenté et plus pieux que les monuments de Samarcande. Les règles sont simples :

  • Pour les femmes : jupe longue ou pantalon ample, bras couverts jusqu'aux poignets, foulard sur les cheveux. On peut parfois emprunter un foulard ou une jupe à l'entrée, mais mieux vaut avoir le vôtre.
  • Pour les hommes : pantalon long, épaules couvertes ; pas de short ni de débardeur.
  • Chaussures : on les retire pour entrer dans la mosquée et dans certaines salles. Des chaussettes propres sont bienvenues.
  • Attitude : parlez bas, évitez les démonstrations d'affection.
  • Photos : autorisées à l'extérieur ; à l'intérieur, demandez. Jamais de photo rapprochée de pèlerins sans leur accord.

Pour aller plus loin, consultez notre guide complet pour visiter les mosquées et médersas d'Ouzbékistan.

Comment s'y rendre

Le complexe se trouve à environ 25 km au nord de Samarcande. Comptez 35 à 45 minutes de route.

  • En taxi : le plus pratique. Une course via Yandex Go est peu coûteuse ; pour le retour, faites attendre le chauffeur ou négociez un aller-retour.
  • Avec un chauffeur ou un guide : idéal pour combiner la visite avec d'autres sites des environs, par exemple le complexe soufi de Makhdoumi Azam à Dahbed, au nord-ouest de la ville.
  • En bus : des minibus locaux desservent le secteur depuis Samarcande, mais les itinéraires changent : demandez à votre hôtel.

Le complexe s'intègre facilement dans un séjour de trois jours, comme le montre notre itinéraire Samarcande en 3 jours, en complément des mausolées de Chakhi Zinda et du Gour Emir.

Conseils pratiques

  • Évitez le vendredi midi : la grande prière du vendredi (vers 12 h 30-14 h) attire des milliers de fidèles, et l'accès des visiteurs peut être restreint.
  • Attention aux fêtes religieuses : pendant l'Aïd al-Fitr et l'Aïd al-Adha, l'affluence est énorme. C'est impressionnant, mais peu propice à une visite tranquille.
  • Ramadan : le site reste visitable, mais l'atmosphère est plus recueillie ; ne mangez et ne buvez pas ostensiblement.
  • Venez le matin : la lumière est belle, la chaleur supportable en été et les groupes moins nombreux.
  • Espèces : prévoyez quelques billets en sums pour un éventuel billet de musée, un don ou un thé.
  • Restez prudent sur les infos : le nouveau complexe vient d'ouvrir, horaires et conditions d'accès peuvent évoluer. Faites-les confirmer la veille.

Questions fréquentes

Les non-musulmans peuvent-ils visiter le complexe ?

Oui, le site accueille des visiteurs de toutes confessions, dans le respect de la tenue et en dehors des moments de prière pour la mosquée.

Quelle différence avec le complexe Hazrati Imam de Tachkent ?

Hazrati Imam, à Tachkent, abrite notamment le célèbre Coran d'Othman ; le complexe de Khartang est, lui, un lieu de pèlerinage autour du tombeau de l'imam al-Boukhari. Notre article sur Hazrati Imam vous aidera à choisir, ou à visiter les deux.

Combien de temps prévoir ?

Une demi-journée depuis Samarcande, trajet compris, ou un peu plus si vous ajoutez Makhdoumi Azam.

Samarcande et l'imam al-Boukhari dans nos circuits

Turquoise Travel, agence locale en Ouzbékistan, vous propose :

  • La Route d'Or vers Samarcande (12 jours) : le circuit classique de Tachkent à Khiva, avec du temps pour Samarcande et ses environs.
  • Sourires d'Ouzbékistan (18 jours) : un voyage plus long, entre grands sites et rencontres, où la visite de Khartang trouve naturellement sa place.

Tous nos circuits sont adaptables : contactez-nous pour un voyage sur mesure.

Crédits photos : Maxmuda Bozorova (CC BY-SA 4.0), Шухрат Саъдиев (CC BY-SA 4.0), Alaexis (CC BY-SA 3.0) via Wikimedia Commons.

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