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Douane ouzbèke : devises, médicaments, antiquités et souvenirs

Combien d'espèces emporter, quels médicaments poser problème, comment rapporter un tapis ancien ou un couteau : le guide clair de la douane ouzbèke, à l'arrivée et au départ.

ÉPar Équipe Turquoise Travel8 min de lecture

Douane ouzbèke : devises, médicaments, antiquités et souvenirs
Dans cet article

Les formalités douanières ouzbèkes ont la réputation d'être tatillonnes. En réalité, pour un voyageur ordinaire, quelques règles suffisent à passer la frontière sans souci, à l'arrivée comme au départ. Devises, médicaments, drones, tapis anciens, couteaux ou épices : voici ce que vous pouvez apporter et rapporter, et les pièges à éviter.

Le hall du terminal international de l'aéroport de Tachkent

La douane ouzbèke en bref

  • Espèces : pas de déclaration jusqu'à l'équivalent de 100 millions de sums (environ 8 000 dollars) ; au-delà, déclaration écrite obligatoire.
  • Achats personnels : franchise de 1 000 dollars à l'arrivée par avion (500 par train, 300 par la route).
  • Médicaments : emballage d'origine, quantités raisonnables, ordonnance pour tout produit contenant codéine, tramadol ou psychotropes.
  • Interdits notables : drones sans autorisation, stupéfiants, pointeurs laser.
  • Antiquités : tout objet de plus de 50 ans ou de valeur culturelle exige un certificat du ministère de la Culture.
  • Au retour en France : franchise de l'Union européenne de 430 € par voyageur aérien adulte.

À l'arrivée : comment se passe le contrôle

À l'aéroport de Tachkent comme dans les autres aéroports internationaux (Samarcande, Boukhara, Ourguentch), le passage en douane suit le système des deux couloirs :

  • Couloir vert : vous n'avez rien à déclarer (espèces sous le seuil, effets personnels, achats dans les limites de la franchise). C'est le cas de l'immense majorité des touristes.
  • Couloir rouge : vous transportez des espèces au-delà du seuil, des objets de valeur importants, des médicaments soumis à prescription spéciale, du matériel professionnel ou des marchandises au-delà de la franchise.

Les bagages passent souvent au scanner à la sortie. Si vous déclarez quelque chose, gardez précieusement le document visé par la douane : il vous sera demandé à la sortie.

Devises : combien d'argent liquide emporter ?

Depuis décembre 2023, chaque voyageur peut entrer et sortir avec l'équivalent de 100 millions de sums en espèces sans déclaration, soit environ 8 000 dollars selon le taux du moment. Au-delà :

  • à l'entrée, l'importation n'est pas limitée, mais la déclaration écrite est obligatoire ;
  • à la sortie, un non-résident ne peut emporter au-delà du seuil que la somme déclarée à son arrivée ; sans déclaration d'entrée, l'excédent peut être confisqué.

Ce seuil peut évoluer : renseignez-vous avant le départ.

Les cartes Visa et Mastercard fonctionnent de mieux en mieux dans les grandes villes, et les distributeurs sont nombreux à Tachkent, Samarcande et Boukhara. Nos conseils sur le change, les cartes et les pourboires sont détaillés dans notre guide budget et argent en Ouzbékistan.

Bon à savoir : dépensez ou rechangez vos derniers sums avant de partir : ils sont quasiment impossibles à changer en France.

Ce que vous pouvez apporter : franchises et interdits

Les franchises

Depuis le 1er mai 2025, la valeur des biens personnels importés sans droits est limitée à 1 000 dollars par voyageur arrivant par avion, 500 dollars par train et 300 dollars par la route ou à pied. Pour le tabac, la limite est de 200 cigarettes, ou 5 cigares, ou 100 g de tabac ; pour les parfums, 3 unités totalisant 300 ml au maximum. Pour l'alcool, les quantités tolérées sont de l'ordre de quelques litres par adulte : vérifiez les normes en vigueur sur le site des douanes ouzbèkes avant d'emporter des bouteilles en cadeau.

Les interdits et objets réglementés

  • Drones : l'importation de drones est interdite sans autorisation préalable. Ne tentez pas de passer avec le vôtre : il serait retenu à l'aéroport.
  • Pointeurs laser portables et explosifs.
  • Stupéfiants et psychotropes, y compris le cannabis sous toutes ses formes, même légal dans votre pays de départ.
  • Publications pornographiques ou à caractère extrémiste ou subversif.
  • Armes et munitions, matériel radio émetteur spécifique : uniquement avec autorisation.

Suzanis brodés à la main en vente à Boukhara

Médicaments : le point le plus sensible

C'est là que les voyageurs ont le plus de mauvaises surprises. Plusieurs molécules en vente libre ou courantes en France sont classées en Ouzbékistan comme stupéfiants ou psychotropes.

  • Quantités : les règles douanières autorisent jusqu'à 10 médicaments différents, à raison de 5 boîtes maximum par médicament, dans leur emballage d'origine.
  • Produits à risque : codéine (certains antidouleurs et sirops contre la toux), tramadol, somnifères et anxiolytiques de la famille des benzodiazépines, certains antiépileptiques et traitements du TDAH. Emportez-les uniquement avec une ordonnance, idéalement accompagnée d'une traduction en anglais ou en russe, et déclarez-les.
  • Traitements longs : si vous devez apporter de grandes quantités (insuline, traitement chronique), munissez-vous d'un certificat médical et contactez l'ambassade d'Ouzbékistan à Paris en amont.

Les listes officielles de médicaments interdits ou réglementés sont publiées en ouzbek et en russe ; votre pharmacien peut vous aider à repérer les molécules. Pour composer votre trousse sans risque, voyez notre article santé et sécurité en Ouzbékistan.

Au départ : souvenirs, antiquités et produits interdits

Les souvenirs courants : aucun problème

Céramiques de Rishtan ou de Gijdouvan, soieries, suzanis neufs, épices, fruits secs, thé, doppi (calottes brodées), miniatures peintes modernes : tout cela se rapporte sans formalité, dans des quantités compatibles avec un usage personnel. Idées dans notre article que rapporter d'Ouzbékistan.

Tapis, suzanis anciens et objets d'art : le certificat

Les « biens culturels » sont protégés. En pratique :

  • un objet de plus de 50 ans (tapis, suzani, bijou, céramique, instrument de musique, tableau, livre ancien) ne peut quitter le pays qu'avec un certificat d'exportation délivré par le ministère de la Culture, après expertise ;
  • certains objets sont tout simplement interdits à l'exportation : pièces archéologiques, éléments de monuments, manuscrits et objets religieux anciens, objets en or ou en argent de plus de 50 ans sans autorisation spéciale ;
  • pour les tapis faits main neufs et les œuvres d'artistes contemporains, les boutiques sérieuses fournissent un certificat attestant qu'il s'agit d'une production récente. Exigez-le au moment de l'achat : sans ce papier, un douanier peut retenir l'objet à l'aéroport.

Méfiez-vous des pièces de monnaie « anciennes » proposées dans les bazars : authentiques, elles sont interdites à la sortie ; fausses, elles ne valent rien. Si vous craquez pour un suzani ancien, achetez-le chez un marchand capable de s'occuper des démarches.

Couteaux et objets coupants

Les couteaux traditionnels de Tchoust (pitchak) sont un souvenir très prisé. Ils voyagent en soute, jamais en cabine. Les artisans et boutiques délivrent souvent un document indiquant qu'il s'agit d'un couteau de cuisine artisanal et non d'une arme : demandez-le.

Produits alimentaires et matières premières

La liste des exportations interdites contient des surprises : farine, céréales, viande, sucre, mais aussi soie grège et cocons de vers à soie. Les tissus de soie finis, eux, ne posent aucun problème.

Au retour en France

N'oubliez pas que la douane française s'applique aussi ! Pour un adulte arrivant par avion d'un pays hors Union européenne :

  • franchise de 430 € de marchandises (150 € pour les moins de 15 ans) ;
  • 200 cigarettes, 1 litre d'alcool de plus de 22° ou 2 litres de moins de 22°, 4 litres de vin, 16 litres de bière ;
  • déclaration obligatoire pour 10 000 € ou plus en espèces ;
  • interdiction de rapporter viande et produits laitiers de pays tiers.

Un beau tapis au-delà de la franchise sera soumis à la TVA et éventuellement à des droits : gardez la facture, elle servira de base au calcul.

Conseils pratiques

  • Avant le départ : vérifiez votre trousse médicale et les dernières règles sur le site officiel des douanes ouzbèkes ou auprès de l'ambassade.
  • À l'arrivée : si vous déclarez des espèces ou des objets de valeur, gardez le document visé jusqu'à votre départ.
  • Pendant le voyage : conservez tous les tickets d'achat de valeur et les certificats des tapis ou œuvres d'art.
  • En cas de doute : passez par le couloir rouge. Déclarer spontanément est toujours préférable : c'est l'omission qui est sanctionnée.

Questions fréquentes

Faut-il remplir une déclaration en arrivant ?

Non, si vous n'avez rien à déclarer. Le formulaire n'est nécessaire que pour les espèces au-delà du seuil, les objets réglementés ou les marchandises au-delà de la franchise.

Mon tapis neuf acheté au bazar a-t-il besoin d'un certificat ?

Il est fortement recommandé d'en demander un au vendeur : c'est la seule preuve qu'il ne s'agit pas d'une pièce ancienne. Les douaniers contrôlent régulièrement les tapis au départ.

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Crédits photos : LBM1948 (CC BY-SA 4.0), Ji-Elle (CC BY-SA 4.0), Jean Housen (CC BY-SA 4.0), Burumbator (Public domain) via Wikimedia Commons.

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