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Pétroglyphes de Sarmichsay : l'art rupestre caché près de Navoï

Dans une gorge des monts Karataou, à une heure de Navoï, des milliers de pétroglyphes racontent dix millénaires d'histoire. Comment s'y rendre, que voir et quand partir.

ÉPar Équipe Turquoise Travel7 min de lecture

Pétroglyphes de Sarmichsay : l'art rupestre caché près de Navoï
Dans cet article

À une petite heure de route de la ville de Navoï, la gorge de Sarmichsay cache l'une des plus belles galeries d'art rupestre d'Asie centrale : des milliers de pétroglyphes gravés sur des parois de schiste noir, du Mésolithique au Moyen Âge. Peu connu des voyageurs, ce site sauvage se visite facilement en excursion entre Samarcande et Boukhara. Voici comment préparer votre visite et apprendre à lire ces images vieilles de plusieurs millénaires.

Animaux à longues cornes gravés au trait sur une paroi de la gorge de Sarmichsay

Sarmichsay en bref

  • Où : monts Karataou, district de Nourata, région de Navoï, à environ 30 à 45 km au nord-est de la ville de Navoï.
  • Quoi : plus de 4 000 gravures recensées (certaines estimations dépassent 10 000), réparties sur deux grands ensembles.
  • Époques : du Mésolithique et du Néolithique jusqu'au Moyen Âge, avec un grand nombre d'images de l'âge du bronze et de l'époque saka-scythe.
  • Statut : musée-réserve depuis 2004, inscrit sur la liste indicative de l'UNESCO en 2024.
  • Durée : 2 à 3 heures sur place, une demi-journée depuis Navoï.
  • Meilleure saison : de mars à mai et de septembre à novembre.

Une galerie à ciel ouvert dans les monts Karataou

Sarmichsay (on lit aussi Sarmysh, Sarmishsoy ou Sarmych-saï) est le nom d'une petite rivière qui a creusé une gorge étroite dans les contreforts méridionaux du Karataou, un chaînon rattaché aux monts Nouratau. Le paysage est minéral : collines pelées, éboulis de schiste, quelques arbustes et, au printemps, un tapis d'herbe et de fleurs sauvages. Au fil du temps, la roche s'est couverte d'une patine sombre, presque noire. Il suffisait de la frapper ou de la gratter avec une pierre dure pour faire apparaître la couleur claire du dessous : c'est cette technique du piquetage qui a donné naissance aux gravures.

Les pétroglyphes se concentrent sur quelques kilomètres le long de la gorge, sur des blocs effondrés comme sur des parois verticales. Certains dessins mesurent quelques centimètres, d'autres plus d'un mètre. Une partie est facile à repérer depuis le sentier, d'autres demandent un œil exercé et une lumière rasante. C'est le plus grand ensemble d'art rupestre connu en Ouzbékistan, et l'un des plus importants d'Asie centrale.

Dix millénaires d'images : comment les lire

La datation des pétroglyphes reste un sujet de débat entre archéologues, et les chiffres varient selon les sources. Retenez surtout que le site a été fréquenté pendant une période immense, ce qui explique la superposition de styles très différents sur une même paroi.

Les chasseurs de la préhistoire

Les images les plus anciennes sont attribuées aux chasseurs du Mésolithique et du Néolithique. On y voit des animaux sauvages souvent massifs, notamment de grands bovidés interprétés comme des aurochs, dont les silhouettes piquetées couvrent parfois toute une dalle. Des scènes de chasse, des archers et des personnages stylisés complètent ce bestiaire.

L'âge du bronze et les Saka-Scythes

Une grande partie des gravures date de l'âge du bronze et du premier âge du fer, lorsque des pasteurs nomades, apparentés aux Saka (les Scythes d'Asie centrale), menaient leurs troupeaux dans ces montagnes. Le style devient plus dynamique : cerfs aux bois ramifiés, mouflons argali aux cornes enroulées en spirale, chèvres sauvages, chevaux, cavaliers et scènes de chasse à l'arc. Certaines figures sont énigmatiques, comme des personnages masqués ou des animaux fantastiques, ce qui alimente les hypothèses sur des rites chamaniques.

Le Moyen Âge

Les dessins les plus récents montrent des animaux domestiques et quelques inscriptions en arabe, preuve que bergers et voyageurs ont continué à graver ces rochers après l'arrivée de l'islam. Ces strates successives font de Sarmichsay un véritable livre d'histoire de la steppe.

  • Repérez les bovidés massifs : souvent parmi les images les plus anciennes.
  • Cherchez les cornes en spirale : les argali sont le motif emblématique du site.
  • Observez les superpositions : une gravure récente coupe parfois une plus ancienne.

Silhouette humaine stylisée piquetée sur la roche, art rupestre de Sarmichsay

Comment s'y rendre

La ville de Navoï est la porte d'entrée naturelle. Elle se trouve sur la ligne ferroviaire Tachkent – Samarcande – Boukhara, et de nombreux trains, dont le rapide Afrosiyob, s'y arrêtent. Comptez environ une heure depuis Samarcande ou depuis Boukhara en Afrosiyob, davantage en train classique (horaires à vérifier au moment de la réservation).

De Navoï, il faut ensuite une voiture : il n'existe pas de transport public pratique jusqu'à l'entrée de la gorge. La route goudronnée se termine par une piste carrossable ; un véhicule ordinaire suffit généralement par temps sec. Comptez environ 45 minutes à 1 heure de trajet. Le plus simple est de réserver un chauffeur avec guide, ou d'intégrer le site à un transfert en voiture entre Samarcande et Boukhara : le détour ajoute environ une demi-journée.

Sur place, un sentier remonte le lit de la rivière. Le premier ensemble de gravures est accessible en quelques minutes de marche, le second demande un peu plus d'effort sur un terrain caillouteux. L'infrastructure est minimale : ne comptez pas sur un café ou une boutique, et renseignez-vous à l'avance sur un éventuel droit d'entrée.

Que voir dans les environs

  • Le caravansérail Rabat-i Malik : à une vingtaine de kilomètres de Navoï sur la route de Boukhara, le portail monumental de ce caravansérail du XIe siècle et sa citerne couverte (sardoba) rappellent la grande époque de la Route de la soie.
  • Nourata : la petite ville de la forteresse attribuée à Alexandre le Grand et de la source sacrée Chashma, à environ deux heures de route.
  • Le lac Aydarkoul et le désert du Kyzylkoum : idéal pour une nuit en yourte après la visite des pétroglyphes.
  • Boukhara : retour en ville pour le soir, et visite de la vieille ville le lendemain (voir notre guide Boukhara en 2 jours).

Conseils pratiques

  • Choisissez la bonne lumière : en début de matinée ou en fin d'après-midi, la lumière rasante fait ressortir le relief des gravures. À midi, elles s'effacent presque.
  • Évitez le plein été : en juillet et août, le thermomètre dépasse souvent 40 °C dans la gorge, sans ombre. Le printemps est la saison idéale.
  • Chaussures fermées obligatoires : le schiste est glissant et coupant. Un pantalon long est utile contre les broussailles.
  • Emportez de l'eau : au moins 1,5 litre par personne, plus un chapeau et de la crème solaire.
  • Attention aux serpents : par temps chaud, regardez où vous posez les mains et les pieds entre les rochers.
  • Ne touchez pas les gravures : ni craie, ni eau, ni décalque pour les faire ressortir. La patine est fragile, et plusieurs dessins ont déjà été abîmés par des graffitis modernes.
  • Partez avec un guide : un guide local sait où se trouvent les panneaux les plus intéressants, ce qui évite de longues recherches.

Questions fréquentes

Peut-on visiter Sarmichsay en excursion d'une journée ?

Oui. Depuis Boukhara, l'aller-retour en voiture prend une journée en comptant la visite et un arrêt à Rabat-i Malik. Depuis Samarcande, c'est faisable mais long ; mieux vaut l'intégrer à un trajet entre les deux villes.

Le site convient-il aux enfants ?

Oui, à condition qu'ils soient bien chaussés et surveillés près des rochers. La recherche des animaux gravés amuse souvent les enfants, qui les repèrent plus vite que les adultes.

Faut-il un permis spécial ?

Non, aucun permis n'est nécessaire pour les touristes. Les règles d'accès peuvent toutefois changer, notamment si le site est aménagé dans le cadre de sa candidature à l'UNESCO : renseignez-vous auprès de votre agence avant le départ.

Sarmichsay dans nos circuits

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Crédits photos : Relisa Granovskaya (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons.

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