Faut-il éviter l'Ouzbékistan pendant le Ramadan ? Pas du tout. Dans ce pays à majorité musulmane mais de tradition laïque, le mois de jeûne change peu de choses pour les voyageurs : les restaurants restent ouverts, les monuments aussi. Il donne en revanche l'occasion de vivre de beaux moments d'hospitalité autour de l'iftar, le repas du soir. Voici ce qui change, ce qui ne change pas, et comment voyager avec tact.

Le Ramadan en Ouzbékistan en bref
- Nom local : Ramazon ; le repas de rupture du jeûne se dit iftorlik, celui de l'aube saharlik.
- Dates prévues en 2027 : d'environ le 8 février au 9 mars, à confirmer selon l'annonce officielle.
- Fin du jeûne : Ramazon hayit (Aïd el-Fitr), jour férié national.
- Pour les touristes : restaurants, hôtels, sites et transports fonctionnent normalement.
- À éviter : manger ou boire ostensiblement devant des personnes qui jeûnent dans les quartiers traditionnels et près des mosquées.
Quand a lieu le Ramadan en Ouzbékistan ?
Le Ramadan suit le calendrier lunaire musulman : il avance d'environ onze jours chaque année par rapport à notre calendrier. En 2026, il a commencé en Ouzbékistan le 19 février et la fête de fin du jeûne a été célébrée le 20 mars, à la veille de Navrouz. En 2027, le mois de jeûne devrait débuter vers le 8 février et s'achever vers le 9 mars, avec un Ramazon hayit autour du 9 ou du 10 mars. Ces dates sont des projections astronomiques : en Ouzbékistan, c'est l'Administration des musulmans d'Ouzbékistan qui fixe le calendrier, et le président signe chaque année une résolution sur le déroulement du mois de Ramadan.
Concrètement, le Ramadan tombera donc pendant quelques années en fin d'hiver, une période fraîche (souvent entre 5 et 15 °C dans la journée à Tachkent ou Samarcande), calme sur les sites et proche des célébrations de Navrouz, le 21 mars. Pour le climat mois par mois, consultez notre article quand partir en Ouzbékistan.
Ce qui change (et ce qui ne change pas) pour les voyageurs
Restaurants, cafés et alcool
Dans les grandes villes touristiques, Tachkent, Samarcande, Boukhara ou Khiva, vous ne verrez presque pas la différence. Les restaurants, les cafés, les chaïkhanas des quartiers touristiques et les hôtels servent normalement en journée. Le jeûne est considéré comme une affaire personnelle : personne n'attend d'un visiteur étranger qu'il s'y conforme. L'alcool reste en vente dans les magasins et servi dans les restaurants qui disposent d'une licence.
Les nuances apparaissent dans les petites villes et les villages, en particulier dans la vallée de Ferghana, réputée plus pratiquante. Quelques gargotes familiales peuvent ouvrir plus tard ou fermer l'après-midi, et la samsa du bord de route se fait parfois plus rare avant le coucher du soleil. Prévoyez alors un en-cas dans votre sac.
Monuments, bazars et transports
Les musées, médersas et mausolées gardent leurs horaires habituels. Les bazars sont animés, surtout en fin d'après-midi, quand chacun fait ses courses pour l'iftar. Trains et vols circulent normalement, mais ils sont plus chargés à l'approche du Ramazon hayit, quand les familles se retrouvent : réservez votre billet de train Afrosiyob à l'avance.
Le rythme de la journée
Le changement le plus visible est celui du rythme. En fin d'après-midi, la circulation s'intensifie : tout le monde rentre pour rompre le jeûne au coucher du soleil, vers 17 h 45 – 18 h 30 en février et mars. Une demi-heure plus tard, les rues se vident, puis la vie reprend dans la soirée. Votre chauffeur ou votre guide, s'il jeûne, sera peut-être un peu moins en forme en fin de journée : adaptez le programme en plaçant les visites exigeantes le matin.
L'iftar, un moment d'hospitalité
L'iftorlik commence traditionnellement par une datte et un verre d'eau ou un bol de thé, puis vient un vrai repas : soupe, samsa, plov, fruits secs et sucreries. Parmi les douceurs de saison figure la nichalda, une mousse blanche de blancs d'œufs et de sucre parfumée à la racine de réglisse ou de saponaire, vendue en grandes bassines sur les bazars pendant tout le mois. Vous la découvrirez avec d'autres sucreries dans notre guide des douceurs ouzbèkes.
Les Ouzbeks invitent volontiers famille, voisins et amis à l'iftar. Les autorités religieuses encouragent d'ailleurs, ces dernières années, des repas modestes et tournés vers la solidarité avec les plus démunis, plutôt que des banquets ostentatoires. Si vous séjournez en maison d'hôtes, il n'est pas rare d'être convié à la table familiale : c'est un honneur, et une belle porte d'entrée dans la culture locale. Dans les grandes villes, certains restaurants et hôtels proposent aussi des menus spéciaux à l'heure de l'iftar.

Ramazon hayit, la fête de fin du jeûne
Le dernier jour du mois, l'Ouzbékistan célèbre le Ramazon hayit (Aïd el-Fitr), jour férié national. Dès l'aube, les hommes se rendent à la prière collective : les grandes mosquées comme celle du complexe Hazrati Imam à Tachkent débordent de fidèles, jusque dans les rues voisines. À Tachkent, les transports publics démarrent d'ailleurs exceptionnellement plus tôt ce matin-là. Ensuite, les familles visitent les cimetières, puis les aînés et les voisins, avec des plateaux de pâtisseries et de plov.
Pour un voyageur, ce jour a deux visages. D'un côté, l'ambiance est festive, les enfants en habits neufs, les rues pleines de visites. De l'autre, certains bazars et commerces ouvrent tard ou ferment, et des sites religieux en activité sont réservés aux fidèles pendant la prière. Gardez ce jour pour flâner plutôt que pour un programme chargé.
Conseils pratiques et savoir-vivre
Voyager avec tact
- Discrétion en journée : buvez votre eau sans vous cacher, mais évitez de pique-niquer devant une mosquée ou au cœur d'une mahalla traditionnelle.
- Dans un taxi ou un minibus : demandez avant de manger, ou attendez l'arrêt.
- Mosquées en activité : la fréquentation est plus forte le soir, avec la prière des tarawih ; visitez plutôt le matin. Nos règles de tenue sont détaillées dans l'article visiter mosquées et médersas.
- Invitation à l'iftar : acceptez si vous le pouvez, arrivez un peu avant le coucher du soleil et apportez un petit cadeau (fruits, sucreries, thé).
- À table : attendez que l'hôte donne le signal de la rupture du jeûne avant de vous servir.
Organisation
- Vérifiez les dates exactes quelques semaines avant le départ : elles peuvent varier d'un jour selon l'observation de la lune.
- Prévoyez des en-cas et de l'eau pour les trajets entre villes, surtout dans la vallée de Ferghana et les zones rurales.
- Réservez trains et vols tôt si vous voyagez autour du Ramazon hayit.
- Évitez de programmer une arrivée tardive au restaurant juste après le coucher du soleil sans réservation : les tables se remplissent vite à l'heure de l'iftar.
- Profitez des bazars en fin d'après-midi, au moment le plus animé de la journée.
Questions fréquentes
Les touristes doivent-ils jeûner ?
Non. Personne n'attend d'un visiteur qu'il jeûne. Un peu de discrétion dans les lieux traditionnels suffit.
Trouve-t-on de l'alcool pendant le Ramadan ?
Oui, la vente d'alcool continue dans les magasins et les restaurants autorisés, comme le reste de l'année.
Le Ramadan est-il une bonne période pour voyager ?
Oui, surtout pour qui aime les sites peu fréquentés et les rencontres. Les prochaines années, il tombe en fin d'hiver, juste avant Navrouz et la haute saison du printemps.
L'Ouzbékistan en toute saison dans nos circuits
Turquoise Travel, agence locale en Ouzbékistan, vous propose :
- Navrouz, la nouvelle lumière d'Orient (12 jours) : un voyage au moment du Nouvel An persan, quelques jours après la fin du Ramadan les prochaines années.
- La Route d'Or vers Samarcande (12 jours) : Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva, avec un rythme adaptable aux fêtes locales.
Tous nos circuits sont adaptables : contactez-nous pour un voyage sur mesure.
Crédits photos : Bunyod Rustamov (CC BY-SA 4.0), Humoyun Mehridinov (CC BY-SA 4.0), Jean Housen (CC BY-SA 4.0), Humoyun Mehridinov (CC BY-SA 4.0), Sinchalak Musulmon (CC BY-SA 4.0), Yuriy Pavlovich (CC0) via Wikimedia Commons.





